On connaît Jean-Philippe Francès, le cavalier au palmarès prestigieux. Depuis six ans, il partage ses lauriers (et ceux de quelques autres cavaliers) avec Jean-Philippe Francès, l’entraîneur de chevaux d’endurance devenu une sommité à la vitesse d’un cheval au galop. Les Ecuries JPF Endurances se situent sur la commune de Venelles à quelques kilomètres d’Aix en Provence. En 2000, après six mois de recherches infructueuses, le Marseillais Jean-Philippe Francès finit par trouver un terrain de 25 hectares qu’il faudra entièrement aménager. Il s’installe avec sa compagne Stéphanie Arnal, la cavalière lauréate du CEI *** de Bonifacio avec Hornika (une élève maison). Stéphanie prend en charge les destinées des Ecuries de Venelles, le centre équestre créé parallèlement à l’écurie d’entraînement. Les infrastructures offrent des paddocks simples, des paddocks avec box, des parcs d’herbe, une carrière, un rond à tourner, un marcheur ainsi qu’une piste de galop de 1000 mètres. Grâce au soutien de son entourage et à son palmarès éloquent, celui qui fut le plus jeune champion de France, parvient à construire un projet ambitieux mais viable. Il obtient rapidement la confiance d’éleveurs réputés.
La vie la plus naturelle possible
Il se voit confier l’entraînement de chevaux par Gilles Amphoux de l’élevage Saint Sauveur (propriétaire de Hanaba du Bois, championne de France ** à Ribiers ), Jean Basset des Ecuries de Sauveterre, Jean-Claude Maurin de la Ferme d’Alauze (propriétaire de Rihad d’Alauze, pré-sélectionné pour les JEM d’Aix la Chapelle) ou encore Christian Quet des Chevauchées du Barthas.
Le champion de France ** 2006 s’occupe d’une quinzaine de chevaux d’endurance. Un nombre de pensionnaires suffisant pour l’entraîneur qui privilégie une certaine qualité de travail. L’homme reste cependant un passionné et il n’hésite pas à démarcher le propriétaire d’un cheval qu’il juge intéressant. C’est ainsi qu’il remarque Kerria du Vrihou à Ribiers en mai dernier. La jument termine alors à la 61ème place de l’épreuve qu’il vient de remporter. Un bon argument parmi tant d’autres pour décider les propriétaires de s’en remettre à son expertise. C’est cette même jument qu’il mènera à la victoire sur le CEI*** de Libramont (Belgique) fin juillet. Sur le domaine, les chevaux de compétition vivent en petits troupeaux séparés entre mâles, femelles et hongres. « Il y a toujours un léger risque à les regrouper comme cela mais je préfère leur donner la vie la plus naturelle possible. On s’y retrouve au niveau du comportement et de la sociabilité. »
Privilégier le travail sur le plat
Côté entraînement, la méthode Francès c’est « un canevas grossier que j’affine en fonction du cheval et des échéances. » En général, les chevaux arrivent chez l’entraîneur entre 5 et 6 ans. A 5 ans, ils abordent leurs premiers 60km puis deux 90km à 6 ans. Selon sa progression, un cheval de 7 ans sera aligné sur une course de 120km en début ou fin de saison.
Côté pratique, en plus des chemins alentours, le centre d’entraînement jouit d’une situation idéale avec la chaîne du Luberon à une vingtaine de minutes en van pour le travail sur dénivelé, les Saintes Maries de la Mer à 1h30 et une piste de galop privée à 15 minutes. « J’essaie de sculpter le cheval comme je veux qu’il soit » Pour ce faire, le travail sur le plat est largement privilégié. « C’est le meilleur support technique pour obtenir une locomotion juste et confortable ». Les chevaux développent une masse musculaire harmonieuse et réduisent considérablement le risque de boiterie. Pour Jean-Philippe Francès, ce mode de préparation classique se justifie d’autant plus que « l’endurance moderne s’oriente vers des courses sur des parcours roulants. »
Recherche biomécanique sur l’endurance équestre
Diplômé d’une maîtrise de STAPS, Jean-Philippe Francès a été contacté par Michel Laurent, un de ces anciens professeurs de l’université d’Aix-Marseille, pour collaborer sur un travail de recherche biomécanique concernant l’endurance équestre.
Spécialiste des neurosciences, Michel Laurent dirige un laboratoire de recherche sur la motricité au sein de la faculté des sciences de Luminy (Marseille). Mené avec le soutien du CNRS, ce programme consiste dans un premier temps en un travail d’analyse approfondie des mouvements du cheval soumis à la fatigue. Ces mouvements sont décortiqués à l’aide d’une caméra de 2000 Hz particulièrement adaptée pour le traitement des images de mouvements complexes et rapides. Cette étude a pour but de définir de nouveaux procédés permettant d’obtenir des améliorations à l’entraînement mais aussi sur le matériel (ferrures, selles…) Des partenariats industriels sont sollicités pour accompagner ce programme depuis son stade initial jusqu’à la production des solutions innovantes.
A plus long terme, des études pourront être orientées sur d’autres aspects de l’endurance (physiologie, métabolisme…)
article paru dans Endurance Equestre n°3 (septembre/octobre 2006)
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