Motorisation plébiscitée par les automobilistes français, le diesel célèbre cette année le 150ème anniversaire de son créateur, Rudolf Diesel.
Né à Paris le 18 mars 1858, Diesel obtient un diplôme d’ingénieur à l’université de Munich. Dès 1893, il dépose un brevet pour un moteur à allumage par compression. En 1897, il rejoint l’usine MAN de Augsbourg où il va construire un premier prototype de « moteur à huile lourde » selon sa propre appellation. La volonté de l’ingénieur était de concevoir un moteur pouvant être alimenté avec des huiles lourdes. Diesel présente son moteur à l’Exposition Universelle de Paris en 1900. Il le fait tourner avec de l’huile végétale brute d’arachide.
Le premier moteur qui sera produit fonctionne avec un système d’injection par pompe à air qui offrait cependant un rendement intéressant. Les premières applications seront industrielles. A Bar-le-Duc, dans la Meuse, une Société française des Moteurs Diesel à Combustion Interne » est créée dès 1897. La moitié des parts de la compagnie revient à Rudolf Diesel pour l’utilisation de son brevet. En 1903, une péniche diesel nommée Le Petit Pierre navigue sur le canal de la Marne au Rhin
En 1924, le français Lucien-Eugène Inchauspé améliore la performance du moteur en inventant la pompe à injection. Dans les années 30, les usines Bosch développent la production du moteur diesel pour les voitures. Les premiers constructeurs à équiper leurs véhicules de moteurs diesel seront Mercedes en 1936 puis Peugeot en 1938 avec la 402. Le gasoil a alors supplanté les huiles végétales
Le principe du moteur diesel
Le moteur diesel est un moteur à combustion interne. Cela signifie que l’allumage ne s’effectue pas par explosion, contrairement au moteur inventé par Denis Papin, mais par un phénomène d'auto-inflammation. Cet allumage est provoqué par une compression très forte qui permet d’obtenir une température de 600°.
Le diesel n’utilise donc pas de bougies d’allumage mais on peut y trouver des bougies de préchauffage qui accélèrent la montée en température de la chambre de combustion en cas de démarrage du moteur à froid.
Retour vers le futur
Dès 1911, Rudolf Diesel prédit que « les huiles végétales deviendront bientôt aussi importantes que le pétrole et le goudron de charbon ». Il ajoute même que « si l'utilisation d'huiles végétales comme combustible liquide pour moteurs peut sembler insignifiante, elle sera en mesure de contribuer fortement au développement de l'agriculture des pays qui l'emploieront » Pourtant, le développement du moteur diesel s’oriente vers une voie différente de celle envisagée par son créateur. C’est le gasoil qui devient son carburant de prédilection. Pendant des décennies, on oublie ainsi que les huiles végétales alimentaient les premiers moteurs. Il faudra la survenue d’une crise énergétique mondiale pour se remémorer les paroles de Diesel. Aujourd’hui, son moteur se révèle le plus adapté pour fonctionner avec les biocarburants. Et pour cause ! Ce qui parait être une évolution technologique ne serait en réalité qu’un simple retour en arrière ? Ce retour aux sources ne dot cependant pas nous faire oublier toutes les avancées technologiques qui ont été apportées. Le démarrage à froid par exemple est aujourd’hui parfaitement maîtrisé par les motoristes. L’époque des diesels échoués sur le bord des routes en hiver est révolue. Plus propre qu’autrefois, grâce notamment au filtre à particules, le diesel s’offre le luxe de bénéficier du bonus écologique sur certains modèles. Sa mollesse n’est plus qu’une légende. Il est devenu sportif. Qui aurait pu imaginé qu’un moteur diesel remporterait un jour les 24 heures du Mans ? C’est pourtant bien avec des moteurs diesels que Peugeot et Audi dominent les compétitions d’endurance. Fort de son succès de 2007 sur le circuit sarthois, le constructeur allemand décline d’ailleurs une motorisation diesel sur les plus beaux fleurons de sa gamme comme le Q7, la TT ou encore la splendide et ultra-sportive R8 V12 6.0 TDI.
Rudolf Diesel, première victime de la Grande Guerre ?
Rudof Diesel disparaît mystérieusement en septembre 1913 alors qu’il se trouve sur un ferry qui le conduit en Angleterre pour travailler au service de l’amirauté. Dans la course effrénée à l’armement que se livrent les puissances européennes, son génie est très convoité. Bien qu’aucun fait historique ne l’atteste, certains avancent que son ralliement à la couronne britannique lui aurait été fatal.
Publié dans le supplément auto/moto du quotidien L'Alsace (juin 2008)
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