

Début mars, Julien Absalon, Champion olympique et double Champion du monde de VTT cross-country, s’est réfugié à l’hôtel Dolce Frégate de Saint-Cyr sur Mer pour parfaire son entraînement sur les routes et chemins de notre région. A l’aube de la nouvelle saison, il a répondu à nos questions.
Pourquoi avoir choisi le Var pour venir t’entraîner ?
Il m’est impossible de m’entraîner chez moi en ce moment (ndr : dans les Vosges). Il est tombé beaucoup trop de neige. Ici, j’ai trouvé le vent mais c’est quand même moins dangereux pour rouler.
Tu connais bien la région ?
Très bien. Que ce soit vers Fréjus ou ici dans l’Ouest varois, je viens souvent pour m’entraîner. C’est une région très agréable qui offre les terrains idéals pour ma préparation.
A l’entraînement, je fais 40% de VTT et 60% de vélo route. Je trouve ici les profils de routes vallonnées qui me conviennent pour rouler et des chemins particulièrement bien adaptés pour la pratique du VTT.
As-tu des parcours privilégiés pour tes entraînements ?
Sur route, j’aime aller rouler aux alentours du circuit du Castellet et dans le Massif de la Sainte Baume. Pour le VTT, le Massif du Cap Sicié offre un terrain de jeu idéal dans un cadre vraiment magnifique.
Comment s’est déroulée ta préparation hivernale ?
Plutôt bien. L’hiver a été froid et sec. Ce sont des conditions climatiques adaptées pour l’entraînement. La neige est tombée en abondance chez moi. J’ai pu faire pas mal de ski de fond, un exercice très utile pour travailler l’endurance. Cela m’a permis de remporter ma première course de la saison en Sardaigne lors de l’ouverture de la Coupe d’Italie.
Après avoir remporté les Jeux olympiques d’Athènes en 2004 et les deux dernières éditions des Championnats du monde quels sont tes objectifs de saison et de carrière ?
Pour cette saison, je vise le doublé Coupe du monde et Championnat du monde. A plus long terme, je compte défendre mon titre aux Jeux olympiques de Pékin en 2008. Je pense continuer la compétition au moins jusqu’en 2012 avec les Jeux de Londres. Après on verra.
Ton contrat avec le team Bianchi-Agos arrive à son terme à la fin de la saison. Où en sont les négociations pour la suite ?
C’est un peu tôt pour en parler mais je pense que je serais fixé dès le mois de juillet. Je préfère avoir les idées claires avant les Championnats du monde et pouvoir organiser un programme de préparation pour Pékin dès que possible.
Serait-il envisageable de voir la création d’un nouveau team français autour du Champion olympique ?
Pourquoi pas. C’est une idée.
Michaël Rasmussen, meilleur grimpeur sur le dernier Tour de France, a été Champion du monde de VTT cross-country en 1999. As-tu déjà envisagé de rejoindre une équipe professionnelle sur route ?
On a étudié la question avec Bianchi et l’équipe Liquigas mais le VTT me plaît trop. Il n’a pas le même état d’esprit ni la même image. Même si certaines reconversions réussissent, je préfère rester parmi les meilleurs vététistes du monde que de risquer d’être un cycliste parmi les autres sur la route.
Que penses-tu faire une fois que tu auras raccroché ton vtt ?
J’ai plusieurs idées mais rien d’arrêté.
Tu es un adepte de moto-cross, aimerais tu te reconvertir dans le sport mécanique comme Nicolas Vouilloz (ndr. 10 fois champion du monde de vtt descente) qui est devenu pilote de rallye automobile ?
Pourquoi pas.
Aimerais-tu devenir team manager ?
Non, après des années de déplacements en compétition, je pense que j’aurais envie de me poser.
Le VTT est devenu un sport très populaire. Paradoxalement, il est assez peu médiatisé. Comment expliques-tu cela ?
C’est un sport qui compte beaucoup plus de pratiquants que de compétiteurs. La compétition a encore besoin de médiatisation. Comme le joueur de foot du dimanche, le vététiste du dimanche est intéressé par la compétition et il aimerait pouvoir suivre les courses régulièrement à la télévision.
article paru dans La Tribune du Sport (Marseille - avril 2006)
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