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Au milieu du XIXème siècle, Michael Thonet, un fabricant de meuble allemand installe une fabrique dans la banlieue viennoise. Avec ses quatre fils, il met au point de nouvelles techniques de fabrication en série pour produire des chaises aux lignes très épurées. Un des procédés de fabrication les plus révolutionnaire consiste à chauffer le bois à la vapeur pour obtenir des courbes. En 1860, la chaise N°14 voit le jour. Elle deviendra la légendaire chaise de bistrot. De 1860 à 1891, plus de sept millions de chaises sont vendues. Grâce à une mécanisation de la production inédite, Thonet propose ses produits à des prix très compétitifs. La N°14 coûte moins cher qu’une bouteille de vin.
Avec une conception et une production révolutionnaire pour l’époque, Thonet pose le premier pas dans l’ère du design. Ce premier pas étant effectué par une patte de chaise, c’est par le siège que naîtra le culte du designer. Breuer, Panton, Prouvé, Le Corbusier, Aalto, Starck ou Ron Arad, les plus célèbres designers ont au moins une chaise ou un fauteuil dans leurs réalisations. Ce rituel quasi-initiatique est souvent un exercice de style pour le créateur. Claire et unique, la fonction d’usage du siège (s’asseoir), permet une conception au plus près des aspirations et des contraintes du créateur. Sorte de souris de laboratoire, la chaise permet au designer d’exprimer un concept ou un style innovant. Elle permet également d’appréhender de nouvelles matières (plastique, résine…) ou de nouveaux procédés (métal tubulaire, moulage…). Réédités en permanence, certains modèles datant des années 30, 40 ou 50 parviennent à conserver une modernité étonnante. Traversant le temps et les modes sans encombre, ils s’intègrent et donnent du caractère aux intérieurs les plus contemporains. N’est-ce pas là, la plus belle valeur d’un meuble ?
 
article publié dans La Marseillaise le 16 janvier 2007
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Tag(s) : #Design
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